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mardi 2 septembre 2014

Digital retard

Cette semaine, ode à la rentrée scolaire, le Gouvernement promet la “révolution digitale” en matière d’enseignement.
Ayant eu le privilège d’accompagner en 1985 (il y a 29 ans, une génération !) un collège lors de la mise en place du projet “informatique pour tous” de M. Michel Rocard.
Quinze ans plus tard, ce fut la tentative de raccorder toutes les écoles à la grande toile.
Je mesure avec une grande tristesse l’inertie avec cette révolution imprègne le milieu enseignant comme les politiciens en responsabilité de l’enseignement.
Il faut certes “se hâter lentement” afin de bien mesurer les conséquences d’une décision, mais pour ce sujet, ce n’est plus de la lenteur, c’est de l’immobilisme.
Au risque de bousculer le système pour rattraper le retard et de confondre alors vitesse et précipitation.
Attendons les actes.

jeudi 24 janvier 2013

le dialogue démocratique à la carte

Le dialogue démocratique à la carte semble bien être à la mode. Probablement un million de Français désapprouvent l'extension du droit au mariage, et le gouvernement reste droit dans ses bottes. Une poignée d'enseignants, principalement parisiens de surcroit, contestent la réorganisation de la semaine scolaire, et le gouvernement temporise.
En droit, nous pourrions dire qu'il y a un manque d'équité, et ce, d'autant plus que les deux projets manquent sérieusement de préparation et de concertation avec les instances du monde économique et social.
Mais évidemment, selon que vous êtes d'un bord ou de l'autre, votre voix n'a pas la même importance, et, aux oreilles du pouvoir en place, il est impossible d'être de Gauche et contre le mariage pour tous, et les enseignants sont nécessairement de Gauche. Comme sous la Rome triomphante, les sénateurs soignent leurs clients.

mercredi 22 février 2012

Lettre aux candidats : Vers une école de l'espoir

L'organisation de l'instruction publique en France est principalement orientée vers la sélection des élites. Et cette sélection se fait essentiellement par l'échec. Les métiers manuels sont méprisés. Jusqu'il y a peu, la filière conduisant à la formation des enseignants avait l'appellation caractéristique d'École Normale. C'est tout dire du mépris du système d'enseignement pour les autres filières. 
Et que dire du mépris de la libre pensée qui consiste à imposer une vision unique de la culture en prétendant l'inculquer dès l'école primaire. Au point de faire l'impasse sur le minimum qui permettrait à chacun d'aller la chercher lorsqu'il en est capable, lorsqu'il en a envie. Au point de considérer que la méconnaissance de ses bases n'est pas un obstacle à être jeté dans l'enseignement secondaire. 
Il faut réformer l'enseignement primaire pour permettre à tous d'en sortir avec la maitrise des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, français, mathématique, anglais. Car comment comprendre quoi que ce soit sans ces bases. La difficulté à lire rend impossible la compréhension des mathématiques comme du moindre texte. 
Sans ces fondamentaux, il faut protéger l'enfant et le soutenir avant de le lancer dans la poursuite des études. Il faut aussi faire la promotion de tous les métiers indispensables et qui pourtant n'exigent pas une longue formation intellectuelle. 
La culture viendra ensuite d'elle-même selon les goûts de l'individu. 
Il faut aussi laisser à l'enfant assez d'espace et de temps de liberté pour qu'il puisse choisir des activités selon son choix. 
Alors nous aurons une école de l'espoir, une école qui fait la promotion individuelle et permet à chacun de s'épanouir selon ses capacités et ses projets.

mardi 6 septembre 2011

L'école des chômeurs


Il est certains jours ou l'on ce demande à quoi pense nos élus.
Je connais une commune de bonne taille (plus de 40 000 habitants) qui ne semble pas priser le travail des femmes. En effet, alors que l'école accueille les enfants à partir de deux ans, que l'accueil périscolaire les accepte, il leur est refusé l'accès à la restauration du midi. Et c'est bien la municipalité qui gère la cantine.
Autrement dit, pour qu'un enfant de deux ans puisse être accueilli à l'école maternelle, il ne faut pas que l'un des parents travail. Et quand ce parent est-il seul ? C'est pareil !
Quant à trouver une assistante maternelle pour les heures de repas, déjà que c'est impossible pour le mercredi et les congés scolaires, même pas en rêve.
Employeur, j'en suis à gérer des demandes d'aménagement d'horaires qui deviennent rapidement incompatibles avec les missions qui nous sont demandées.
On ne ferait pas mieux pour cultiver le chômage des femmes.
Cette attitude discriminatoire est intolérable en ces temps où le travail est si difficile à conserver et ou les compétences sont si difficiles à recruter.

mercredi 8 décembre 2010

école

Marronnier récurant que celui des rythmes scolaires. Après avoir fait le panégyrique de la semaine de 4 jours, la voici vouée aux gémonies.
Mais nous devons bien constater que jamais l'enfant n'est pris réellement en considération. Jadis, les congés scolaires ont été organisés en fonction des travaux agricoles, aujourd'hui, ils le sont selon les activités de loisirs (l'hiver à la neige, l'été au soleil). Prôner la semaine de 4 jours était à la fois satisfaire les problèmes de catéchèse et celui des départs en week-end. Proposer 4,5 jours relève un peu de l'anticléricalisme sans rien changer à la journée des enfants, contrainte par celle des parents. Ceux-ci trop souvent obliger de travailler tous les deux (lorsqu'ils sont encore 2!) lèvent les enfants aux aurores pour les confier aux nounous ou aux institutions et les récupérer au crépuscule après qu'ils aient été trimbalés de-ci de-là, de l'école au club, du sport à la musique. Quoiqu'il arrive, la journée de l'enfant sera de 12 heures hors du foyer dès le plus jeune âge et 5 jours par semaine.
Alors le rythme scolaire hebdomadaire là dedans est de peu d'importance. À mon sens, c'est celui de la journée qu'il faut seul considérer.
Et c'est aussi le contenu. Quand cessera-ton de vouloir tout apprendre dès le primaire. Cette période devrait être uniquement consacrée à apprendre à comprendre. Lire, Écrire, Compter. Français, Math, Langue. Il est inadmissible d'être jeté dans les collèges sans ces acquis. C'est le péché capital de notre système éducatif. Quant à la culture, il suffit d'en faire le support de ces fondamentaux. Découvrir la littérature ou l'histoire en langues, les sciences en math, …, quels meilleurs supports!
À entendre les censeurs d'aujourd'hui, je perçois l'écho des années 50 lorsque j'étais élève. Un certain ministre avait bien raison de considérer l'inertie de notre système éducatif comme son principal problème.