lundi 28 avril 2008

La Poste fait des économies

À grand renfort de communications, La Poste annonce qu'elle va faire des économies d'énergie et réduire ses émissions de CO2 en prévoyant d'équiper son personnel de véhicules électriques, dont certains relèvent plus du gadget que d'outils de travail.
Très bien, mais dans le même temps, La Poste lance des camions sur les routes, abandonne ses bureaux distributeurs au profit de supers centres de tri, renonce au train. À Bourg-en-Bresse, le centre de tri était relié directement au train, il est maintenant à l'autre bout de la ville, ce qui occasionne autant de nouvelles navettes polluantes.
Les bureaux distributeurs (les codes postaux) assuraient la redistribution en local de prêt de la moitié des lettres, et les facteurs partaient de là pour leur tournée (que beaucoup faisaient encore en vélo). Maintenant, tout est regroupé à des dizaines de kilomètres sur de nouveaux centres d'où partent la plupart des facteurs (qui font chacun donc, dans l'autre sens, autant de kilomètres supplémentaires et doivent donc être motorisés)
Et vous parlez d'économie d'énergie?

samedi 26 avril 2008

Gosses de riches

De (et non pas les) futurs travailleurs sociaux manifestent pour ne pas devoir être payés durant leurs stages. Le monde à l'envers si l'on considère le nombre de stagiaires exploités par les employeurs. L'argument serait que les associations seraient trop pauvres pour les rémunérer.
Qui sont-ils pour déjà juger de la pauvreté ou de la richesse des autres, et des associations en particulier? Ce préjugé n'augure rien de bon quant à l'impartialité dont ils devront faire montre dans leurs futurs emplois.
Personnellement président d'une association susceptible de les employer, je trouve leur préjugé insultant. D'une part parce que ne pas faire de bénéfices n'interdit pas une saine gestion permettant de dégager des excédents en vue de l'amélioration et du développement des services, d'autre part parce que leurs futurs employeurs ne seront pas que des associations, mais aussi des collectivités territoriales et même des sociétés commerciales.
Et si certaines associations sont aussi pauvres qu'ils le prétendent, rien n'interdit aux stagiaires leur restituer cette indemnité sous forme de dons.
Cette manifestation ne concerne manifestement que des gosses de riches (très peu nombreux au demeurant pour devoir drainer 5 départements afin de tenter de faire foule) qui n'ont aucun sens des réalités, ce qui n'augure rien de bon quant à leur futur comportement professionnel.

mardi 15 avril 2008

Le coût des lunettes

Il est facile de créer du buzz sur n'importe quel sujet, et de s'offusquer des idées du gouvernement.
Remettons les éléments à plat pour ce qui concerne la prise en charge des lunettes par la sécurité sociale par un exemple personnel avec de nouvelles lunettes remplacée en mars 2008 :
Monture 131€, verres progressifs 252+264€ total 647€.
La sécu prend en charge 20,53€, soit 3,2% du prix tarif, ce qui ne m'aurait pas manqué.
Merci à la mutuelle qui laisse à ma charge 289€ et prend donc en charge 52%, 16 fois plus de la Sécu.
Remplacée tout les 5 ans, mes lunettes me coûtent moins de 5€ par mois pour voir net.
Il est certain que je n'ai pas choisi les montures et les verres les économiques, même si j'ai choisi un centre optique mutualiste.
La vraie question du prix des lunettes est certainement chez les opticiens, et des fabricants de verres et de montures qui ne se privent pas d'une une publicité que l'on pensait interdite pour les produits pris en charge par la Sécu. Comment peuvent-il offrir une 2e, voir une 3e monture pour 1€ sans marger outrageusement les premières lunettes? 
À partir de cette réflexion, il devrait être possible de diviser par 2, voir beaucoup plus le coût des lunettes. Il suffit de chercher hors de France pour s'en convaincre.

mardi 8 avril 2008

À côté de la cible

Je soutiens les Tibétains dans leur exigence de reconnaissance. Le retour du Tibet dans l'empire chinois impliquait la constitution d'une province autonome. Le comportement colonialiste au Tibet du pouvoir chinois (qui n'est pas le peuple chinois) est inacceptable dans le monde actuel. Manifester contre cette attitude est donc légitime.
Mais c'est bien contre le pouvoir chinois qu'il faut manifester. Que les Tibétains utilisent les Jeux Olympiques comme caisse de résonance ne justifie en rien les actions et exactions contre cette manifestation sportive et de fraternité mondiale.
À l'exemple des Tibétains, nous devrions au contraire utiliser cette caisse de résonance plutôt que de la combattre. La Chine est au premier plan de la communication avec les JO, c'est donc une occasion rêvée de mettre une pression maximum sur ses dirigeants. Mais répondre à la violence politique par une violence contre des sportifs est inacceptable à mes yeux.
Il nous faut être massivement présent à Pekin pour y manifester (pacifiquement et sans autre provocation) notre désapprobation publique contre le pouvoir chinois.
Il nous faut être présent de même en permanence devant les ambassades et consulats chinois de par le monde pour montrer notre détermination.
Il nous faut afficher partout notre sympathie aux Tibétains.
Il faut donc soutenir les JO pour soutenir les Tibétains.

samedi 5 avril 2008

vous avez dit "rigueur"?

Pour Larousse, "rigueur" dans le contexte économique visé signifie "grande exactitude, exigence intellectuelle". Et le contraire de rigueur, dans le même contexte est "laxisme". Je laisse donc à ceux qui accusent le gouvernement de mettre en place des mesures de rigueur la responsabilité de leur propos et de leur comportement.
Il est vrai que ce sont les mêmes qui ont employé le mot "rigueur" pour réaliser en 1983 une opération de casse sociale sans précédent :
- interdiction de l'indexation automatique des retraites et des salaires de l'évolution des prix (à une époque ou l'inflation tournait à 2 chiffres), à l'exception du SMIC;
- déconnection de l'allocation logement de l'évolution des loyers;
- blocage des allocations familiales.
- élévation des taux d'intérêt conduisant au blocage de la construction et à l'aggravation d'un chômage déjà conséquent;
- et d'autre mesures du même tonneau qu'il est trop long d'énumérer.
Toutes mesures prises en augmentant de déficit de l'État, en portant sa dette au niveau de son budget et le nombre de fonctionnaire au niveau que nous connaissons.
Alors, évidemment, le mot "rigueur" leur rappelle de très mauvais souvenirs.
La réforme actuelle de l'État relève d'une exigence intellectuelle qui honore le gouvernement en place et qui n'a rien à voir avec les mesures de 1983. Et pour ceux qui considèrent que la situation est déjà assez difficile pour ne pas en ajouter, je pense au contraire qu'elle est suffisamment catastrophique pour en justifier l'urgente nécessité.
Formulons le vœu que les citoyens le comprennent et que ces réformes aboutissent.

mardi 1 avril 2008

Éducation nationale

Manifestation d'élèves des collèges et lycées "contre la suppression de postes". Manifestation soutenue par "une certaine catégorie d'enseignants". Manifestation de mineurs; qu'en pensent les parents?
Petit passage sur le site Internet du Ministère de l'Éducation Nationale : Pour 12 111 900 élèves de la maternelle au baccalauréat, il y a 884 021 enseignants. Même un élève de primaire comprendra que l'on compte 13,7 élèves par enseignant.
Autre calcul : le non remplacement de 11 200 enseignants (-1,3%) porte l'accueil à 13,9 élèves par enseignant. Même pour une hypothétique classe de 40 élèves, c'est moins d'un élève de plus. Pas de quoi descendre dans la rue.
Donc si certaines classes comptent 40 élèves, nous ne sommes pas confronté à une insuffisance d'enseignants, mais à une très grave et scandaleuse carence d'organisation. En effet, et dans le pire des cas, il suffit de dédoubler une classe de 30 élèves pour se rapprocher de la moyenne.
Question : ou sont les enseignants? Il est très probable que certaines fonctions qui leur sont imposées pourraient être assumées par d'autres.
En ces temps de "démocratie participative" et "de services de proximité", je ne vois qu'un remède à cette gabegie : la décentralisation, d'autant que l'éducation nationale est le seul organisme à ma connaissance dont des fonctionnaires d'état squattent des locaux des collectivités territoriales et y font la loi au mépris des élus locaux. Il est urgent de confier aux échelons responsables des établissements le soin de recruter et gérer le personnel, enseignants compris (primaire aux communes, collèges aux départements, lycées aux régions).
Et que l'on ne me dise pas que c'est la fin des programmes scolaires et de l'école pour tous; les établissements privés sous contrats n'agissent pas différemment, et l'on connaît la différence.
Penser globalement, agir localement. 

lundi 31 mars 2008

du danger de l'eau, ou du principe de précaution

Si l'on tiens compte du nombre de morts par noyade, pas la consommation d'eau polluée, par accidents  domestiques et par intempéries, l'eau est certainement l'élément le plus dangereux sur terre. Au nom du principe de précaution, il faudrait donc la bannir et la maintenir hors de portée du commun des mortels.
C'est un peu le propos tenu par les acharnés de ce fameux principe qui prétendent interdire tout et n'importe quoi. Comparer un téléphone et un four micro-onde, c'est comparer un verre d'eau froide à une marmite bouillante.
Et de tenir des propos scientifiquement incohérents sur tous les sujets : "on aurait réussi à faire cuire un œuf entre 2 téléphones WIFI". (le conditionnel est en soit aussi suspect et fiable que l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours). Je demande une démonstration publique car ce serait une merveille de technologie. Imaginez l'intérêt que cela représenterait en matière d'économies d'énergie! Cuire un œuf avec une puissance de 4W relève de l'imaginaire.
Les écologistes devraient s'emparer du sujet, car ce serait la fin de l'effet de serre.
Il est certes impossible d'interdire de dire n'importe quoi. Il me semble par contre que le devoir de la presse est de vérifier ses sources afin d'apporter une information fiable en face de tels éllucubrations.

lundi 17 mars 2008

euthanasie

Le problème de l'euthanasie active est, à mon sens, à distinguer selon les cas. Sans pouvoir me mettre dans les situations des demandeurs, je pense que l'on ne peu comparer le cas d'une personne physiquement incapable d'agir et celui d'une personne disposant de la capacité physique d'agir.
Dans le premier cas, la demande formulée est d'agir à sa place du fait de cette incapacité à agir soit même. Cette démarche, comme d'autres, relève de l'accompagnement de la personne dans le cadre habituel. Seul l'objectif diffère et mérite réflexion et accompagnement psychologique afin de s'assurer que la demande est mûrement réfléchie puisque irrévocable. Reste le problème du passage à l'acte qui n'est pas formellement autorisé en France, ce que je regrette profondément.
Je pense en tout état de cause qu'il est souhaitable que la Société, par le biais de la justice, évalue systématiquement le bien fondé de l'acte, avec toute la bienveillance qui s'impose, ceci pour pallier les risques de dérive.
Dans le second cas, la personne ayant l'autonomie physique pour agir de son propre chef, si je pense que l'accompagnement psychologique est totalement nécessaire, je ne trouve pas d'argument à la demande d'intervention active d'une tierce personne. Il reste probablement à mettre à disposition de ces personnes les moyens de se suicider "proprement", sans que ces moyens soient d'accès libre.
En somme tout est nuance.

dimanche 16 mars 2008

tir au poulet

Ce n'est pas nouveau, mais tout de même de plus en plus fréquent :
Les forces de l'ordre (et d'autres services publics, normalement désarmés de plus, tels que les pompiers et les services de santé) sont régulièrement attirées dans des traquenards et tirées comme à la foire ou sauvagement prises à parti.
Le problème qui se pose est l'équilibre des forces. Et notre civilisation de fait rien pour que force soit donnée à la loi. Le reliquat d'anarchisme qui a donné vie au PS a conduit à des lois qui interdisent pratiquement aux policiers de faire usage de leur force avant d'être effectivement agressés, et face à une arme à feu, c'est l'assurance du pire.
Il me semble pourtant que le simple fait d'être armé face aux policiers est en soit une volonté "de tirer du bleu", ce qui devrait autoriser des contre-mesures anticipées. D'autant que les forces de l'ordre disposent de plus en plus de moyens de neutralisation non létaux. 
La police est trop soucieuse des risques de critiques pour solliciter publiquement une telle mesure, mais il me semble que les politiques doivent se saisir du sujet.
Ce qui n'interdit jamais de se poser la question de savoir pourquoi un policier à fait usage de son arme, sans en faire à priori un cow-boy pour autant.
La protection des forces de sécurité garantit celle du citoyen.

Boycott

• La grande question du jour :
Faut-il boycotter les JO chinois pour défendre les droits de l'homme en Chine, à Lassa et ailleurs?
Le problème du boycott ne se pose pas de la même manière lorsqu'il est question d'un produit ou de politique. Boycotter un produit, c'est le bouder et montrer ainsi à son promoteur qu'il ne nous convient pas pour diverses raisons. En politique, il est possible de boycotter un candidat, un parti politique.
Mais boycotter une manifestation sportive pour protester contre un comportement politique me semble contre-productive. La Chine ouvre ses frontières pour un événement de portée internationale. N'est-ce pas là l'occasion de porter, en relative impunité diplomatique, sur son territoire notre voix de protestation? Il sera très difficile au pouvoir communiste de contrer les manifestations (pacifiques de préférence) de désapprobation de la politique chinoise. Silence dans les tribunes à l'entrée de la délégation chinoise, drapeau tibétain reconstitué pas les couleurs des tenues dans les tribunes, ovation particulière aux athlètes tibétains, …. Ce ne seront pas les occasions qui manqueront. Mais pour cela, il faut être présent sur place.
Les Tibétains eux-mêmes l'on bien compris en utilisant les JO comme caisse de résonance.
Le pouvoir chinois devra faire sous le regard direct des citoyens du monde, de quoi l'inciter, au moins un temps, à un peu plus d'humanité, et qui sait, revenir sur 50 ans de sectarisme.

jeudi 6 mars 2008

noter pour évaluer ou sanctionner?

En assignant en justice un site où les élèves peuvent donner leur avis sur leurs enseignants, ceux qui prétendent représenter et défendre ces derniers révèlent leur vision de la notation. Pour eux donc noter, c'est sanctionner. À les entendre, seule l'excellence est acceptable et il est donc préférable d'ignorer que d'évaluer.
De fait et en pratique, la plupart des systèmes de notation scolaire décomptent des points à partir du maximum en fonction du nombre de faute ou d'erreurs. C'est donc bien la sélection par l'échec qui est la règle dans l'enseignement et que redoutent les syndicats d'enseignants. Le site "note2be" leur renvoi donc leur propre pratique, ce qu'ils trouvent intolérable. Le tribunal l'a bien compris, car même s'il a demander au site d'anonymiser l'affichage, il n'a accordé que l'Euro symbolique aux syndicats.
Je crains que la leçon ne soit pas retenue et que les syndicats d'enseignants poursuivent la promotion de la note sanction. Nous ne somme pas à la veille d'une école de la promotion individuelle et de la valorisation des talents.

vendredi 22 février 2008

laïcité ou anticléricalisme?

Défense de toucher à la loi du 9 décembre 1905.
Il faudrait pourtant en parler (et la relire avant d'en parler).
Cette loi a surtout concrétisé la spoliation par l'État des biens des Églises par référence aux confiscations de l'An X.
Quant à la séparation de l'Église et de l'État, il faudrait s'entendre : Conformément à cette même loi (§13), la plupart des établissements de culte sont propriété publique, sont entretenus au compte des contributions (généralement) municipales, et pourtant les religieux les occupent et y célèbrent offices et rites sans contre parti.
Enfin, à mon avis, en tant que tel, la construction d'un édifice public n'est pas une subvention à un culte, même si des offices religieux y sont tenus, ou alors il faut préciser ou est la limite entre l'entretien et les reconstructions au nom du Patrimoine qui ont suivi les derniers conflits. À ce titre, il faudrait aussi bannir toute chapelle ardente et lieux plus ou moins œcuméniques installés dans les hôpitaux publics par exemple.
La volonté inconditionnelle de figer cette loi et de n'en considérer que les premiers articles ressemble plus à de l'anticléricalisme qu'à de la laïcité.
Et là, nous abordons les rives de la pensée imposée digne des pires dictatures.

être & avoir

J'ai envie de rebondir sur le projet de retour aux fondamentaux à l'école primaire pour souligner combien cela me semble important et urgent. Je pense en effet que des dizaines de promotions d'élèves ont été privées d'une acquisition satisfaisante de la langue française.
J'en veux pour preuve la confusion permanente à tous les niveaux de la société par beaucoup trop de personnes (des journalistes, des politiciens, des enseignants eux-mêmes) entre les verbes être et avoir. Quotidiennement nous entendons "j'ai été à Paris", par exemple alors qu'il est évident qu'il faut écrire et dire "je suis allé à Paris".
Cette confusion entre être et avoir est lourd de sens : lorsque l'avoir a la prééminence sur l'être, il ne faut pas être surpris que l'être passe par l'avoir. Autrement dit pour être (exister), il faudrait avoir (posséder). Je laisse aux philosophes de tous ordres le soin de développer thèse et antithèse sur le sujet, mais il me semble que la confusion du sens conduise à une perte de sens.
Ce retour aux fondamentaux dans l'enseignement primaire est donc un espoir de retour de sens.
Cette option est donc à soutenir.

samedi 16 février 2008

Le bal des perdants

Le peuple a choisi un projet politique en élisant un Président et un parlement.
Un certain nombre de politiciens ont été écartés de ce projet par les urnes ou s'en sont volontairement dissociés.
Depuis quelque temps, ils participent sans mesure, mais chacun dans leur coin, au lynchage  médiatique du gouvernement en général et du Président en particulier.
Dernière nouveauté, une pléiade d'anciens hauts dignitaires et ministres de tous bord , mais tous perdant des urnes, se sont coalisés pour produire un pamphlet contre les élus de la république, et du Président en particulier. Il y serait question d'un coup d'état en douce de la part de ceux que nous avons élus!
Manifestement ce sont de mauvais perdants qui ne supportent pas que des projets prennent forme et risquent de réussir sans eux. Pour renforcer leur argumentation, ils fustigent tout et dans tous les sens. Ici, ils dénoncent la mise en place de commission et de groupe de travail au nom de la perte de temps et d'une présupposée volonté d'enterrer le sujet; là, ils reprochent l'annonce d'un projet de réflexion, qui n'airait pas été précédé d'une réflexion dans un groupe de travail.
J'ai furieusement envi de leur rappeler ces mots d'un parlementaire de gauche à un élu de l'opposition : "vous avez tord car vous êtes politiquement minoritaires".
La presse accompagne ce bal des perdants en en faisant écho avec une ampleur exceptionnelle.
Pitoyable.

samedi 9 février 2008

Pouvoir de nuisance

Pierre Poujade n'est pas mort.

Et pourtant qui s'en souvient?

Les syndicats de taxis viennent de le ressusciter!

Alors que 6 500 personnes dûment formées et diplômées attendent de la corporation de simple droit de travailler, les taxis en sont encore à vendre ce droit des valeurs insensées (jusque 320 fois le SMIC mensuel!), et encore, à condition de remplacer un partant.

Le simple montant de ces licences montre la rareté et la profitabilité de cette profession.

Suite à cette simple constatation et à la proposition de la commission "Attali" de relâcher un peu cet étau, 46 000 individus ont décidé de bloquer les villes au nom de leur liberté. Et bien sûr de se défendre : la difficulté de trouver un taxi ne serait pas le fait de la rareté mais de leur impossibilité à se déplacer malgré les couloirs réservés. Il nous faudrait donc aussi leur céder tout le pavé pour qu'ils soient efficaces (et pourquoi pas les libérer aussi des limitations de vitesse!).

À ma connaissance, les propositions de la commission "Attali" ne sont même pas encore des esquisses de projet de révision de la réglementation de la profession, et les portes sont grandes ouvertes pour toutes formes de discutions et de négociations.

Nous revoici donc face au même pouvoir de nuisance que celui qui a imposé une réglementation des arrêts de travail dans les transports publics. Avant même de demander à discuter, on dresse des barricades.

Quelles formes de manifestation vont devoir trouver les autres professions faisant l'objet de réflexions pour croire obtenir ce droit de négocier qui ne leur a même pas encore été refusé?

Et dire que certains accusent le gouvernement de ne rien faire! Au moindre propos, le corporatisme et l'individualisme ressurgissent et imposent report, table ronde et discussions sur le sexe des anges.

Dans le même temps, la presse ne s'intéresse qu'à la vie privée de notre Président!

mercredi 6 février 2008

Le grand soir durera cinq ans

Nous sommes décidément entré dans l'ère de l'immédiat.
Tout doit être réalisé dans l'instant.
Moins d'un ans après la constitution d'un gouvernement, La Presse et l'Opposition constatent, déplorent, fustigent l'absence de concrétisation des promesses. Il me semble pourtant que les engagements électoraux de notre actuel Président ne précisaient pas ce miracle qui consiste à tout obtenir d'un trait de plume.
Car avant de construire, il faut programmer, organiser, mais aussi et surtout, étudier, interroger, consulter. Donc seules quelques idées évidentes ou largement consensuelles sont d'application immédiate. Les grandes consultations sont réalisées (Grenelle de l'environnement) ou en cours (réforme des régimes spéciaux et clarification du code du travail, commission Attali) ou programmées (financement des protections sociales). Seulement après avoir pris la mesure de tout ceci, il sera temps de réaliser les grands et petits chantiers qui s'imposeront.
Le Grand Soir, dont rêvent trop d'idéalistes qui prédentent penser pour nous, ou tout se réaliserait et d'où sortirait miraculeusement tout le bonheur du Peule ne sera pas, ou plutôt durera probablement cinq ans. Cinq ans pour réorganiser, cinq ans pour reconstruire, cinq ans pour sortir la société française d'une gangue de conservatisme que ceux qui se disent de vrais progressistes ont été incapables de l'en tirer en vingt ans tout en creusant un abîme de dettes.
Cinq ans est-ce trop pour un tel programme?
Patience et ne jugeons sur pièce qu'au terme de l'Œuvre.

jeudi 31 janvier 2008

100 000 tonnes

Certains n'entendent rien.

Les médias nous rebattent les oreilles (à juste titre) sur les méfaits du gaspillage et des consommations d'énergie inconsidérées. Le gouvernement à travaillé durant plus de 3 mois sur l'immense projet de Grenelle de l'environnement avec une médiatisation exceptionnelle.

Dans le même temps, nous sommes noyés sous un flot de papier que nous ne demandons pas. Je passe sur les distributions de publicité sans adresse dont le volume frise l'indécence. C'est des annuaires téléphoniques papier dont il est question ici. Distribués aussi sans adresse, ils sont de plus diffusés sans discernement. Pour une même personne à une même adresse, il est possible de recevoir autant d'annuaires que de numéro de téléphone identifié. Or, il se trouve qu'il est maintenant possible de faire connaître dans l'annuaire ses différents numéros de fixe, fax, portable , V/IP, … Pour ma part, c'est 3 numéros qui sont ainsi publiés, et 5 pour l'association que je préside. J'ai ainsi reçu près de 4 kilos de papier chez moi et près de 7 à l'association, et l'Ain n'est pas le département des plus gros annuaires. Combien de kilos à Paris ou Lyon ?

Pour la France entière, j'estime à près de 100 000 tonnes le gaspillage de papier, fut-ce-t-il recyclé et recyclable. Annuaires de plus bien inutile quant l'internet est si pratique. Il y a vingt-cinq ans, nous avons reçu des minitels en vue de supprimer ce gaspillage et de faciliter les mise à jours. Nous voici donc revenus 1/4 de siècle en arrière, multiplié par le nombre de numéros téléphone dont chacun dispose maintenant.

Est-il possible de limiter la diffusion par défaut à un par adresse? Est-il même possible de choisir de ne pas recevoir d'annuaire? Une case à cocher avec le règlement des factures ou sur Internet, un petit geste pour une grande cause et 100 000 tonnes de papier économisé et 3000 camions en moins sur nos routes. Merci.

mardi 29 janvier 2008

Droit au logement opposable

Pour mettre en œuvre le droit au logement, tant réclamé par la gauche depuis qu'elle a perdu le droit de décider, décidé par la droite malgré l'état actuel du parc immobilier, il faut des logements.
Le graphique ci-joint montre l'évolution des constructions depuis 25 ans.



cette représentation montre l'abandon de la construction dès 1981 jusqu'à la crise de 93. Il ne se construisait plus alors annuellement que la moitié des logements construits annuellement lors des années 70, et lorsque l'on sait le temps de préparation des chantier, il est facile de comprendre qu'il faille attendre 2004 pour voir une vrai relance des constructions.
Faillite de gouvernements qui ont caché l'absence d'investissement dans l'inertie du système et reporté sur les gouvernements suivant la nécessité d'assumer les carences et de tenter d'y remédier. Sans ce laisser faire, il aurait pût être construit durant ces 2 décennies les 2 millions de logements qui manquent actuellement en France.
2 millions de logements de plus, c'est à la fois un prix de l'immobilier beaucoup moins spéculatif et une offre de logements à louer plus étoffée, donc des loyers plus abordables.
Mais il est vrai que l'analyse comptable qui a conduit au désastre des 35 heures a opéré aussi sur les logements. Au prétexte qu'il semblait que le compte y était au début des années 80 et que l'on avait décidé que la population se stabiliserait, il n'était plus nécessaire de construire.
C'était trop facilement oublier l'évolution sociétale en cours. Mais ce n'est pas le fort des énarques de prévoir ce qui n'est pas quantitatif. Et pourtant beaucoup de signaux clignotaient en orange, sinon en rouge vif : nombre de divorces, familles monoparentales, vieillissement de la population, regain de natalité, immigration incontrôlée, ….
Economies donc sur les aides et l'incitation à la construction individuelle comme collective.
Mais économie aussi sur l'aide au logement avec un APL qui ne suis pas le cours de la construction, pas même celui de l'inflation, avec pour conséquence d'exclure les plus démunis du droit au logement.
Économies invisibles car insidieuses et diluées. L'industrie locale du bâtiment le prend de plein face (le bureau d'étude qui m'employait alors a réduit de moitié ses effectif dans un plan de licenciement économique), mais sans bruit car de petite taille et politiquement peu impliquée. Les majors du bâtiment se rattrapent à l'extérieur et masquent le désastre.
Nous voici donc aujourd'hui dans la nécessiter de construire à marche forcée pour rattraper le retard. Fasse que ceci ne conduise pas aux mêmes erreurs que dans les années 60 & 70 avec des bâtiments que nous décidons maintenant de détruire.
20 ans d'abandon d'une politique de construction sociale et retour aux années 50, au point de réhabiliter le discoure de l'Abbé Pierre.
Navrant

mardi 22 janvier 2008

Adoption par des couples homosexuels : Le bon sens loin de chez nous

La cour de justice européenne a tapé sur les doigts de la justice française pour avoir bloqué l'adoption d'enfant à un couple déclaré d'homosexuels.
Il ne faut pas confondre état de fait et mise en situation.
Certes, il existe des enfants élevés par des personnes seules, il existe même des femmes qui choissent le géniteur sans l'intéresser à l'avenir de l'enfant.
Certes il existe des divorcés avec charge d'enfants qui se mettent en ménage homosexuel.
Ces situations échappent à la société car les personnes restent libres de leur choix de vie privée, dès lors qu'elles ne mettent pas les enfants en danger, délibérément ou non.
Mais pour autant, faut-il provoquer ces mises en situation qui posent tous les problèmes de représentation de la société. En ces temps ou le principe de précaution pollue tout et ou l'image prime sur le bon sens, la société peut-elle mettre délibérément des enfants en danger? Danger de ne pouvoir expliquer leur situation familiale; Danger de ne pas bien comprendre le sens de la société!
Ne pas oublier que l'avenir de la société passe par les générations futures. Et les générations futures sont par principe biologique le fait de couples héterosexuels.

samedi 19 janvier 2008

Les bijoux de la République

Je suis surpris d'entendre que madame Mitterand met en vente des bijoux de la République.
Pour des raisons qui lui sont personnelles, madame Mitterand a décidé de vendre la garde robe de l'ancien Président. En ceci rien de scandaleux ni de surprenant (même si la liste permet de mesurer la distance entre le discours du Maître socialiste et ses goûts personnels), chacun étant libre de disposer de ses biens.
Mais là ou je trouve que la situation devient inacceptable, est qu'au catalogue de vente apparaissent des cadeaux de Chefs d'État faits au Chef d'État. Comme il est de coutume de tout temps, de tels trésors doivent rester dans les collections de la république. Il me semble d'ailleurs que Monsieur Mitterand lui même avait fait aménager à Jarnac un musée à cet effet. Donc retrouver de tels trésors sur un catalogue de vente privée me semble pour le moins surprenant.
Et pourtant la presse friande de scandales ne se manifeste pas. Il est vrai que la presse est curieusement toujours restée respectueuse de la vie privée de cet homme publique là, ne parlant jamais, ni de sont passé sous l'État Français ni de sa bigamie pourtant affichée. Que ne le fait-elle pas de notre actuel Président! Qui donc a dit que la Presse était aux bottes du pouvoir?