mardi 23 septembre 2008

libérer le courrier

La libéralisation de la poste, contrairement aux affirmations de certains, c'est libérer le courrier. Déjà aujourd'hui, plus de la moitié des emplois de La Poste sont de droit privé. Tous les exemples de sortie des monopoles publics ont conduit à de meilleurs services et à des baisses de prix. Voir le téléphone, si l'on excepte l'anti-exemple du 12 en se souvenant que l'Internet assure un service non-payant, il est aujourd'hui possible de téléphoner pour moins chère que jamais alors que les tarifs de l'opérateur public n'ont jamais été aussi élevés.
Pour le courrier, la Suède montre, avec 15 ans d'expérience, que les prix peuvent baisser et le service être amélioré grâce à la concurrence. 95% de tout le courrier y est distribué dans les 48H, nous sommes loin de nos écoplis à temps de livraison incertain. Certes, les bureaux de poste ont largement été supprimés, mais pour confier leurs missions à des commerces dont les horaires d'ouverture assurent un meilleur service au public.
Car le SERVICE AU PUBLIC n'est pas une exclusivité du service public. Depuis toujours, les commerces apportent un service au public que jamais les services public ne sauraient assurer.
Évidemment, dans ces conditions, sauver le service au public, ce n'est pas sauver les emplois publics. Mais c'est un choix de société et un autre sujet. Il n'est pas dit d'ailleurs que, comme pour le téléphone, la libéralisation ne crée pas plus d'emplois privés qu'elle de fait perdre d'empois publics.

samedi 13 septembre 2008

laïcité

Intéressante polémique autour de la laïcité à l'occasion de la visite de l'Evêque de Rome.
Au sens de la loi de 1905 “la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, mais elle assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes" (ce qui n'empêche pas de maintenir le concordat dans certaines régions, ce qui n'interdit pas de restaurer les monuments religieux au nom des monuments historiques, ce qui n'interdit pas l'occupation gratuite de ces monuments propriété de l'État ou des collectivités territoriales par des institutions religieuses, ce qui n'interdit pas les communes, qui ne sont pas l'État, d'aider les associations à but religieux). Ce qui n'a rien à voir avec le refus de reconnaissance des religions qu'est l'anticléricalisme. La laïcité est la reconnaissance de la liberté individuelle de pensée, ce qui n'a rien a voir avec l'endoctrinement des systèmes politiques qui ont eu la prétention (mais qui ont tous échoués) de vouloir bannir toute forme de religion. L'anticléricalisme, c'est Staline, Mao, et Pol pot. La laïcité, c'est la liberté de penser, pas l'interdiction de croire.
La Révolution Française, loin de la laïcité, avait instauré une nouvelle religion. "La révolution n'a pas besoin de savants", mais elle a eu besoin de spiritualité.
Relire aussi La déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "§10 Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses".
Nos grands défenseurs de la laïcité ont certainement aussi oubliés leurs références du Siècle des Lumières : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme". Qu'est-ce que l'âme sans spiritualité?

vendredi 12 septembre 2008

écopli

Le marketing à le sens des mots qui cache parfois le sens des choses. Pour justifier de sa maîtrise des tarifs, La Poste a inventé, il y a quelques années un tarif "petite vitesse". Aujourd'hui "écopli" opposé à "lettre prioritaire".
Avant 2008, tous ces plis étaient pré triés dans les "bureaux distributeurs" (l'origine des codes postaux) et restaient sur place si nécessaires. Ils étaient donc rapidement redistribués.
Aujourd'hui les bureaux distributeurs ont disparus et tout le courrier fait des dizaines de kilomètres en camion pour être trié ailleurs (souvent hors du département). Et les écoplis qui ne sont donc pas des "lettre prioritaire" ne sont plus du tout prioritaires et restent en souffrances des jours, voir des semaines avant d'arriver, sans garanti, à leur destinataire. Et ne posez pas de question au personnel de votre bureau de poste : Ils sont de "La banque Postal" et ne savent plus rien du courrier, si ce n'est les tarifs.
Je ne parle même pas du bilan carbone d'une telle manipulation qui consiste à déplacer des tonnes de papier par camion pour revenir au point de départ. Même remarque pour les facteurs qui doivent aller chercher leurs tournées à des kilomètres. Ne vous trompez donc pas "écoplis" n'est pas un pli écologique, pas même économique, c'est la négation totale du service postal.
À la veille de la libération de toute la distribution du courrier, c'est à croire que l'organisation de la poste fait volontairement le lit de la concurrence et défit le gouvernement qui tente de nous enseigner la maître des énergies et le contrôle des déplacements.

dimanche 7 septembre 2008

1000 Milliards

Les budgets publics cumulent plus de 1000 milliards d'Euros. Le montant est colossal et relativise les déficits de tels ou tels dès lors qu'ils ne sont "que" de quelques milliards.
Cette base interroge aussi sur certaines déclarations. Lorsque les économies à réaliser par l'état sont de quelques pourcents, c'est tout de suite de dizaines de milliards qu'ils est question. De quoi en effet créer des perturbations dans l'organisation des services publics et avoir envie "de demander plus à l'impôt et moins au contribuable".
Mais lorsque l'on cherche autant d'économies, et que l'on prétend les avoir trouvés, il ne me semble pas raisonnable de demander encore un peu aux contribuables pour 3 petits milliards. C'est pourtant ce qui est proposé pour financer le RSA. Même s'il y à 20 ans, l'ISF a été inventé pour financer le RMI, rien n'obligeait à recommencer.
Aussi nécessaire que soit la mise en place du RSA (et du sens donné à cette aide), ajouter pour ce faire des impôts à qui que se soit ne me semble pas du meilleurs augure en ce qui concerne la réduction des déficits publics.

Edwige

Nous sommes tous fichés dès notre naissance. Que le fichier soit papier où numérique ne change guère que le temps pour retrouver l'information. Nous sommes identifiés sur des centaines de fichiers (SÉCU, INSEE, CPAM, CAF, impôts, banques, employeurs, caisse de retraite, commerces, …). La CNIL veille à ce qu'il y ait un minimum d'interconnexions afin de protéger notre vie privée.
Les RG gèrent de tout temps les informations sur les associations, syndicats, commerces, entreprises et autres organismes de droit privé ou public, et les honorables citoyens qui les dirigent. Rien donc de niveau sous le soleil. Je considère même que ne pas recenser les origines ethniques ou les croyances religieuses est une erreur laissant la porte ouverte à des interprétations et à des revendications invérifiables.
Les services de police et de gendarmerie gèrent depuis la nuit de temps les informations sur les personnes moins recommandables ayant contrevenus plus ou moins gravement aux règles de notre société. Toujours rien de nouveau sous le soleil.
Là ou edwige me semble inacceptable, c'est que ces deux catégories de citoyens soient regroupés dans un même fichier. Me voici donc, honorable citoyen responsable d'association, identifiable dans un fichier regroupant aussi des personnes ayant commis des actes réprouvés par la société, et surveillés de ce fait.
Je revendique le droit d'interpeller (que ferais-je sinon dans une association?), mais je refuse d'être confondu dans le même fichier que les brûleurs de voitures, les saccageurs de cimetière et les criminels. Cette assimilation me choque, et est de nature à créer de graves confusions.
Laissons donc à chaque service le soins de gérer ses fichiers, les regrouper, pire les confondre, me semble, hors de toute polémique, contraires à l'intérêt général.

ajouté le 15 septembre

Je commence à trouver que la polémique EDVIGE prend une tournure ridicule.
Presque tous les opposants à ce projet semblent découvrir qu'il est possible d'être fiché. La plus part considèrent de plus cette idée très à droite. Soit ces réactions sont celles de naïfs qui découvrent qu'il existe des fichiers tenus par les RG, la police et la justice, et il est heureux qu'ils ouvrent les yeux, soit ce sont des hypocrites qui trouvent ainsi une tribune et une raison de s'opposer pour le principe.
Pour la mémoire de certains, je rappelle une certaine affaire d'écoute téléphonique, pour preuve que ficher est universel. Pour ceux qui pense bien connaître les anciens services des pays de l'Est, qu'ils se souviennent qu'il y avait des écoles primaire dans certain camps de travail. N'était-ce pas pour des enfants? L'excuse de minorité ne tiens pas si l'on sait qu'en général les enfants "délinquants" sont dirigés par des adultes. S'inquiéter des uns est pouvoir se saisir des autres, et ainsi protéger les enfants. Pour les âmes sensibles, être fiché est indolore si on n'a rien à se reprocher.
Je ne suis pas favorable à la fusion des fichiers, mais j'ai eu plus a faire avec les RG dans les années 80 que maintenant.

samedi 30 août 2008

Le bon bout de la raison

La grande période des universités d'été (ou de ce qui en tient lieu) de nos grandes institutions politiques et sociales est ouverte. Voici donc un sujet de réflexion à leur soumettre :
Du chef ou du projet que doit-on choisir en premier?
L'histoire a souvent montré que le chef prime et que le projet suit ou s'adapte. Pour ne citer que quelques exemples : Le communisme ici ou là, la fin de la 4e république, la victoire socialiste de 1981, la victoire de la droite en 2007, toutes ont été incarnées par un chef parfois autoproclamé. Pour les défaites, je laisse à chacun le soin de trouver.
En effet, pour donner corps à une idée, il faut un chef qui la transcende, ce qui implique une certaine personnalisation. Mais cette incarnation n'est jamais exempte de défaut (voir les exemples cruels ou glorieux du XXe siècle).
Vouloir donner la primauté à l'idée conduit à se choisir un chef consensuel, donc sans panache (je ne citerai pas l'exemple qui me vient à l'esprit) et donc sans réussite, surtout dans un pays ou l'essentiel se joue sur la personnalité à quelques % près.
Le bon bout de la raison me semble donc être de se choisir un chef qui ait su comprendre nos idées et les valoriser au risque de ne par tout retrouver (pour paraphraser Lacan : valoriser nos idées, certes, mais toutes, ce n'est pas possible).

lundi 25 août 2008

Bingo (la suite du bal de hypocrites)

un précédent billet "le bal des hypocrites", j'épinglais un PS qui descendait en parole le projet de révision constitutionnelle, mais qui s'est arrangé pour qu'il soit voté. Je faisais alors le pari qu'il irait jusqu'au bout de l'hypocrisie en profitant de la première occasion pour réclamer sa mise en application à leur avantage.
C'est chose faite sur un drame de guerre. En réclamant un débat parlementaire sur la crise de l'Afghanistan (nouveauté de la constitution rénovée qui ne devrait être applicable qu'au printemps 2009 et pour les seuls nouveaux engagements militaires), il contresigne sa forfaiture. Fort de cette approbation (inconsciente?), le gouvernement en place y donne une suite favorable.
Comment faire confiance à un parti qui fait le contraire de ce qu'il claironne?
Au demeurant, ce n'est pas la France qui est engagée en Afghanistan, mais les Nations Unies. Nous serions vraiment de mauvais citoyens du monde, nous qui osons réclamer le sauvetage de ces populations (peut-on les laisser aux mains de fous de dieu pires que nos inquisiteurs) sans y participer. Ce pays est en guerre, nous tentons d'y apporter la paix, mais certains ne le souhaitent pas car ils ont plus à gagner du malheur des hommes. Ne pas les combattre est objectivement les soutenir.

jeudi 24 juillet 2008

Construire l'Europe

Nous sommes en grande difficulté pour construire l'Europe car nous avons trop tardé pour en réformer le fonctionnement.
L'unanimité est déjà difficile, mais possible et souhaitable à six. À 27, s'est mission impossible.
Le système d'évolution est par lui-même autobloquant. En effet, pour réformer le mode de fonctionnement, il faut obtenir un accord de chacun des pays, quel que soit le processus de l'accord. Le rejet Irlandais en est la démonstration.
Pourrait-on imaginer que les élections présidentielles, en France, soient invalidées parce qu'une région n'a pas donné la majorité à tel qui l'obtient au plan national?
Le fonctionnement actuel de l'Europe est le plus antidémocratique qui soit car il ne peut tenir compte que des positions minoritaires bloquantes.

Le bal des hypocrites

Renier même ses idées pour que d'autres ne puissent les mettre en œuvre en premier. Tel semble être le maître mot d'une opposition en mal d'existence. Déjà au lendemain des élections, le PS s'est offusqué d'un projet de TVA social, fondement de leurs propres projets et prolongement naturel de CSG et RDS.
Mais l'hypocrisie atteint cette fois-ci un sommet. À un ou deux points prêt, la gauche aurait écrit le même projet d'évolution de la constitution, la commission étant au demeurant paritaire. Mais, tout en critiquant ouvertement la totalité du projet et alors même que l'essentiel relève du consensus, et en déclarant haut et forte vouloir y faire échec, ils "sacrifient un fou" pour en permettre la mise en œuvre. Le fou est honorable et a le dos assez large pour supporter l'épreuve, grand merci à lui.
Faisons maintenant le pari que le PS se saisira dès que possible des nouvelle possibilité d'action qui sont offertes à l'opposition, preuve de sa forfaiture.

mercredi 9 juillet 2008

La poste se lâche

Le projet de libéralisation (privatisation) des services postaux ne devrait pas justifier une gestion à contre courant. Malgré les effets d'annonce, le fonctionnement de la poste est un véritable défie au "Grenelle" de l'environnement.
Il y a quelques décennies (la mise en place des codes postaux), La Poste s'était organisée en service de proximité. À presque chaque code postal correspondait un tri local permettant de conserver sur place le courrier local. Économies de moyens, de déplacements, et préposés connaissant leurs tournées.
Depuis quelques mois, nous revoici dans l'ère de la centralisation maximale, avec son cortège de gabegie. Fini, le tri local du courrier, celui-ci faisant maintenant la navette hors du département pour revenir être distribué à quelques mètres de son point de départ. Le train (que deviennent les TVG de La Poste?) n'est même plus utilisé au profit (!) de camions (dire que les transporteurs se plaignent!). Les préposés embauchent maintenant à des (dizaines de) kilomètres de leurs tournées avec ce que cela comporte de consommation de carburant (et une pensée émue aux cyclistes qui n'en demandaient pas tant).
Je suis persuadé que lorsque ce mode de fonctionnement a été pensé, il en ressortait une réelle économie financière, ou alors il faut expliquer. Mais qu'en est-il du bilan carbone de l'opération? Combien de tonnes de pétrole brûlées en plus? Qu'en pensent nos ministres, sur la brèche de l'énergie depuis plus d'un an? L'absence actuelle de concurrence ne devrait pas permettre n'importe quoi. Tout au contraire, l'exemplarité devrait être de mise.

dimanche 29 juin 2008

gestation pour autrui

Il est vrai que la prostitution n'est pas interdite par la loi, mais à ce jour elle se limitait à la sexualité. L'étendre à la procréation me semble être une étape nouvelle et difficilement supportable. Le projet de proposition de certains sénateurs de "gestation pour autrui" est, à mon sens, totalement à contre-courant des tendances actuelles en matière de respect et de protection des personnes.
Certes, il ne s'agit que d'une proposition, et donc une ouverture au débat. Débattons donc.
Les lois ne doivent pas s'écrire pour satisfaire tel ou tel, ou pour légaliser une pratique devenue courante sans une très large concertation. À ce compte, il faut légaliser, en vrac, les excès de vitesses et la pédophilie.
Certes, il est possible de citer l'Ancien Testament pour justifier une telle proposition. Nous revoici cependant confronté à la notion de parenté biologique que la législation actuelle ne considère qu'exceptionnellement (cas de recherche en paternité), voir gomme totalement (accouchement sous X).
Légaliser la "gestation pour autrui", et donc en faire un objet de commerce, me semble une amorce de marchandisation du vivant, pire de l'Humain qui dépasse de beaucoup la prostitution.
Argumenter sur les problèmes de parentalité biologique me semble de même nature que le récent procès pour défaut de virginité. C'est faire de la transmission du patrimoine génétique une condition fondamentale et ramener l'Homme dans sa condition la plus animal.
Si l'on ajoute le nombre d'enfant en instance d'adoption et donc en mal de parenté, il nous semble qu'il y ait d'autres priorité.

jeudi 26 juin 2008

l'âge du capitaine

Évidemment, l'évolution de l'espérance de vie n'a aucun rapport avec la pénurie de logements. Quoi que …. C'est pourtant dans un travail de l'université de Paris-Dauphine que l'on découvre, qu'outre le fait qu'on ait évité de construire 200 000 logements par an entre 1982 et 2001 (soit les 2 millions de logements qui manquent), l'espérance de vie des retraités est passé de 10 ans en 1980 à 25 ans ses jours. Si l'on tiens compte du départ en retraite 5 ans plus tôt, c'est tout de même au moins 10 ans d'espérance de vie supplémentaire.
Évidemment, ceci n'a aucun lien avec le financement des retraites, puisque l'information concerne les logements.
Évidemment, ceci est sans rapport avec la durée totale du travail qui est passée de 98 000 à 72 000 heures pour une vie de travail entre 1981 et 2000. Une paille pour financer le doublement de l'espérance de vie de retraités de plus en plus nombreux (et ce n'est pas fini, ni pour le nombre, ni pour l'espérance).
Alors, évidemment, l'emploi des seniors n'est pas non un problème, le gaspillage de leurs compétences non plus (il est vrai que pour virer les vieux, les syndicats ont signé des deux mains avec les patrons).
Evidemment, tout ceci n'est que médisance gouvernementale pour démanteler le droit du travail et ponctionner le travailleur.

simplification administrative

L'administration (je ne vise évidemment pas les fonctionnaires chargés d'appliquer les directives) n'est décidément pas à court d'imagination pour simplifier la vie des citoyens et des entreprises. Les nouvelles relations avec la Direction Départementale du Travail de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP) passent obligatoirement par messagerie électronique. Mais pour que l'information soit effectivement prise en compte, il est obligatoire d'envoyer aussi le même message par lettre postale. Et bien sur la lettre postale seule est insuffisante et implique la confirmation par messagerie électronique.
Est-ce pour ménager à la fois leurs collègues de La Poste et le feu FranceTélécom?
Est-ce au nom des très promises démarches de simplification administratives?
Courteline en rit encore.

dimanche 15 juin 2008

La victoire de la démagogie

La démagogie vient de remporter une grande victoire. Le NON franc des Irlandais au Traité de Lisbonne démontre largement que le référendum est la meilleure arme des démagogues de tous poils. Entre les anti-avortements, les "anti parce que je suis contre", les "notre liberté d'abord" et les "c'est pas assez social", c'est à qui en ajouta une couche pour rejeter le projet sur une lecture tendancieuse, voir fallacieuse de tel ou tel article du texte proposé.
À tous ceux refusant le verre à moitié vide, je voudrai dire que le verre à moitié plein aurait suffit à étancher la soif de beaucoup plus encore, quitte à retravailler par la suite tel ou tel aspect du projet. Rien n'est jamais gravé dans le marbre, ni les traités, ni les suffrages. Les petits pas bien assurés valent certainement mieux qu'un grand soir. C'est ce que fait l'Europe depuis le début, et il est urgent de continuer.
Et que dire de ceux qui considèrent les autres comme des crétins en affirmant : "98% des Irlandais sont incapables de comprendre un tel texte". Est-ce à dire quel seul 2% de ceux qui ont voté l'ont fait en connaissance de cause?
Qu'une certaine gauche française crie victoire relève autant de la forfanterie que de la récupération hâtive tant ce vote ne reflète pas un "NON de gauche".
Il est tout aussi évident qu'il est déraisonnable de vouloir une réponse par OUI ou par NON à un texte de 30 pages. Nous voilà donc bien au-delà des limites de la démocratie directe. Ce n'est pas pour rien que toutes les démocraties élisent des Parlements. Par ce fait, nous déléguons à des chambres sensées délibérer dans la sérénité pour adopter des lois dans l'intérêt général. Ce n'est pas un déni d'intelligence du citoyen que de l'affirmer, c'est au contraire une grande défiance envers certains tribuns à même de le tromper (L'Histoire en est pleine). Les parlements, s'il sont libres, sont les modérateurs de la démocratie, et seuls à même de conduire des projets aussi complexes que la construction européenne.

dimanche 1 juin 2008

Mariage annulé

L'information a surpris tout le monde et en a indigné beaucoup (Je n'ai cependant pas entendu de propos raisonnés) : Un tribunal français a annulé un mariage à la demande d'un jeune marié au prétexte que sa conjointe n'était pas vierge avant la nuit de noces.
Si je trouve la décision discutable sur le fond, je pense que la forme s'imposait.
Comment en effet considérer recevable en droit français une telle demande que rien ne justifie actuellement. Historiquement, et y compris en Europe, la virginité au mariage permettait de s'assurer de l'absence de certaines maladies, s'appliquait d'ailleurs généralement aux deux futurs conjoints et était censée assurer à l'homme la garanti de paternité (la précocité des mariages facilitant la chose). Les techniques médicales permettent aujourd'hui de s'exonérer de cette contrainte en apportant les mêmes garantis. Aucune des religions du Livre n'affiche aujourd'hui une telle exigence.
Je pense cependant que les juges ont eu raison de décider la séparation. Comment en effet ne pas craindre pour la sécurité de la femme face à un homme aussi primaire? Il me semble cependant que j'aurais motivé différemment cette décision en considérant la femme comme victime de discrimination et imposé à l'homme les conséquences de cette rupture.
En somme l'arroseur arrosé.
Je souhaite que les instances judiciaires ne restent pas sur ce dénie de respect de la personne.

samedi 31 mai 2008

TAXI

Tout le monde se souvient de la bronca des Taxis lors de la publication des propositions du rapport "Attali" en février?
Trois mois plus tard, les mêmes taxis signent avec le sourire un accord qui reprends, presque à la virgule près, les propositions tant contestées.
Que s'est-il passé entre-temps? Des négociations disent les intéressés.
Nous voici devant un fait de société. Dans notre belle France ou rien ne se fait sans négociation, toute proposition est considérée à priori comme une décision et donc contestable car non préalablement négociée. Mais que négocier sans d'abord faire des propositions? Et quoi de plus démocratique que d'énoncer publiquement ces propositions? Pourquoi faudrait-il que seul un cénacle de privilégiés disposent des informations préalables à tout projet politique? Loin des conciliabules entre visiteurs du soir et des écoutes, la République est enfin devenue publique. Les temps changent, et certains ne l'ont pas compris.

hausse des prix!

Il est incontestable que les prix à la consommation dérapent. Mais qu'elle en est la cause?
On invoque la hausse de la demande mondiale de matière première, les dégradations climatiques, le développement des pays à forte population.
Mais localement comment expliquer la hausse du carburant quand la conversion du Dollar à l'Euro devrait correspondre à un pétrole moins chère qu'en 2000? Comment expliquer la multiplication des offres liées aux cartes de fidélité? Lorsque tel magasin offre 50% de remise à ses fidèles clients, sur quelle base l'INSEE calcule-t-elle le prix réelle? Celui dont bénéficient les inféodés ou celui subit par les gogos? Lorsque les opticiens offrent la 2e paire pour 1€, quel est le vrai prix des lunettes? Et que dire du 2e téléviseur à moitié prix!
Et chaque fois, qui gagne lorsque le client ne peu profiter de la promotion? Car il faut bien marger en conséquence.
Comment expliquer que la hausse des matières premières influe sur les prix à la distribution alors que les producteurs (pêcheurs, agriculteurs, industrielles, transporteurs …) se plaignent tous de subir ces hausses sans pouvoir les répercuter?
Comment expliquer que toutes ces hausses soient plus fortes en France que dans d'autres pays de la zone Euros aux taxes pourtant souvent plus fiables?
Beaucoup de question sans réponse, et ça agace.

mercredi 21 mai 2008

Pétrole Pétrole

Même si l'avenir du pétrole est à la rareté, nul ne conteste que l'évolution actuelle de son prix soit principalement spéculative. Alors que l'hiver est maintenant passé, dire que le fioul et de diesel (c'est le même produit) est encore en forte demande, ce qui justifierait une hausse plus soutenue que pour l'essence, relève certainement de la désinformation. Lorsque certains industriels, qui maîtrisent la TOTALité de la filière, voir disposent d'un positionnement majoritaire, font des profits astronomiques, on est en droit de se demander si certains n'abusent pas de la situation.
Les manifestations des pêcheurs (demain des camionneurs, des taxis ou des intervenants à domicile) laissent entendre qu'il ne peuvent répercuter l'évolution du coût des carburants à leurs clients (ce qui est très probablement vrai). Dans le même temps, les hausses de prix à la distribution sont en partie expliquées par la hausse du prix de l'énergie. Il me semble que lorsque la majorité des gents subissent, d'autres gagnent à tous les coups.
La situation actuelle n'est manifestement pas de la responsabilité des pouvoirs publics (Français, Européen, mondiaux), il me semble cependant que ceux-ci ont un devoir de régulation lorsque le Marché n'assure plus correctement cette fonction.

samedi 17 mai 2008

Aux étudiants en travail social


Et bien oui, j'ai commis une erreur d'appréciation en ne communiquant pas l'article à la base de mon billet.
Le voici donc.
Il est évident à sa lecture qu'il ne reflète pas la demande générale.
Ma réaction principale est sur le jugement à priori de la pauvreté des associations, ce qui est généralement faux.
La présentation laisse clairement entendre que cette obligation d'indemnité est considérée par les manifestants de Bourg en Bresse du 26 avril 2008 (et je n'ai jamais visé que ceux-là, je ne vous ferais pas l'injure d'une leçon de grammaire pour le démontrer) comme inacceptable alors même qu'elle est une revendication de l'ensemble des étudiants.
Maintenant que certaines associations se cachent derrière l'argument budgétaire est de bonne guerre pour en avoir plus de leur financeur. Les mêmes financeurs ne pouvant s'opposer à financer des dispositions réglementaires, ce ne peu être qu'un problème de délais.
Évidement, certains trouverons que j'en ajoute une couche. J'assume.
J'attends toujours des demandes de stage.

jeudi 8 mai 2008

noir c'est noir

Lorsque l'opposition n'existe pas, la presse et les bavards prennent sa place sans discernement. Du travail du gouvernement, tout est critiquable. Au point que les informations positives sont systématiquement occultées, ou considérées comme mensongères, comme si seules les catastrophes étaient intéressantes.
Pour savoir, il faut donc aller chercher sur les informations à la source. Et si certains paramètres sont effectivement inquiétants, d'autres montrent que de notables évolutions sont en cours.
Les chiffres collectés par l'INSEE (dont on se souviendra de la polémique, il y a un an, pour ne pas l'accuser de parti pris gouvernemental) sont là et incontournables :
- Le taux de chômage (7,5%) n'a jamais état aussi bas depuis 1983;
- Le taux d'activité (70%) n'a jamais été aussi haut depuis 5 ans;
- Il n'y a jamais eu, historiquement, autant de personnes au travail en France (>25 M), ni autant d'emplois;
- il faut remonter à 1991 et 1984 pour retrouver aussi peu de personnes privées d'emploi.
Mais, noir c'est noir, et les commentateurs campent sur leurs certitudes.
Alors, bien entendu, 41 ans de cotisations est scandaleux quant en 60 ans l'espérance de vie passe de 65 à 80 ans, et les syndicats qui ont négociés et signés les préretraites à 50 ou 55 ans, il y a 25 ans, ont évidemment raison de reprocher aux entreprises de ne plus vouloir employer les seniors.
Pendant ce temps, beaucoup d'employeurs ne trouvent pas de personnel.