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samedi 11 mai 2013

Conseil représentatif

Dans une France où toute référence à une région, un pays, une religion, pire une couleur de peau est considérée comme une discrimination, où il est interdit de décompter la population sur de tels critères, je suis toujours surpris de voir surgir ici ou là des conseils représentatifs de telle religion, ou telle couleur de peau. 
En ce jour de commémoration des victimes de l’esclavage, voici ressurgir le CRAN (conseil représentatif des associations noires). 
Que peuvent-ils représenter puisqu’il leur est interdit de se décompter ? D’autant que, présentement, ils pourraient laisser croire que tous leurs ancêtres ont été victimes de l’esclavage alors que nombre de peuples africains le pratiquent encore assez largement comme ils y pourvoyaient jadis. 
Il serait temps que nous sortions la tête du sable et que nous acceptions officiellement de savoir combien de citoyens français se revendiquent de telle obédience, de telle religion, de telle origine. Beaucoup d’autres pays, à commencer par l’Allemagne, qui aurait de bonnes raisons de s’en méfier, font ce décompte en toute transparence. 
Le communautarisme n’est que la recherche clandestine d’identification à un groupe qu’il est interdit d’officialiser. Les communautés identifiées luttent naturellement contre ce risque. 
Et pour le compte, les conseils représentatifs trouveraient toute leur légitimité, décompte officiel à la clé.

dimanche 17 avril 2011

Diversité

Enfin les langues se délient.
Messieurs Manuel Valls, un des rares qui soit audible à Gauche de par sa franchise, et François Soulage président du Secours Catholique et que je découvre dans un entretien paru dans l’express, conviennent qu’il est nécessaire de mesurer la diversité de la population. Il est inévitable que cela passe en particulier par la connaissance des origines géographiques et des aspirations religieuses, voire de tendances ou de positionnements socioculturels. Autrement dit, les statistiques ethniques, mais en langage châtié et en élargissant le propos, il est possible de parler de décompte de la diversité ou de connaissance du multiculturalisme.
Nous sommes probablement un des derniers pays démocratiques à refuser ce type d’analyse au nom du traumatisme de la « solution finale ». Sommes-nous devenus assez forts pour dépasser l’Histoire ? Sans l’oublier toutefois !
Savoir le nombre de pratiquants de chaque religion permet de comprendre le besoin en lieux de culte ; connaître l’origine des populations permet d’en comprendre les aspirations et les espoirs ; mesurer la diversité est la garantie de pouvoir la respecter.
De plus, cette connaissance permet de mesurer la réelle importance des groupes de pression qui se targuent d’un nombre de sympathisants actuellement invérifiables. Quelle importance numérique telle ou telle communauté ? Quelle minorité reste invisible faute de représentation ?
Pour le bien de tous, il est utile de savoir pour comprendre.